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La Corée du Nord ou l’échec du « Six-party Talks »



Retour sur les négociations sextipartites

La Corée du Nord ou l’échec du « Six-party Talks »
La crise nucléaire nord-coréenne éclate en octobre 2002 suite aux déclarations des Etats-Unis accusant les autorités de Pyongyang de poursuivre un programme clandestin de production d’uranium hautement enrichi. En réponse à l’appel au désarmement total de la Corée du Nord lancé par Washington, Pyongyang se retire en janvier 2003 du Traité de non-prolifération nucléaire. L’administration de G.W.Bush refuse alors - démontrant avec l’invasion de l’Iraq en mars 2003, sa détermination à lutter contre l’axe du mal – à participer à des négociations bilatérales avec le gouvernement de Kim Jong-Il. Voulant éviter l’escalade du conflit, la Chine organise dès août 2003 la première rencontre du Six-Party Talks, table ronde réunissant à Beijing les représentants de la République populaire démocratique de Corée, de la République de Corée, du Japon, des Etats-Unis, de la République populaire de Chine et de la Fédération de Russie. En instituant le Six-Party Talks, Beijing a ainsi signifié au gouvernement américain que la question de l’armement nucléaire nord-coréen ne procède pas unilatéralement des décisions de Washington mais concerne également les Etats voisins.
Si les premières rencontres du Six-Party Talks n’ont laissé entrevoir qu’un relatif progrès, le quatrième tour des négociations sextipartites qui s’est tenu pour sa seconde phase du 13 au 19 septembre 2005 a finalement débouché sur une déclaration commune prévoyant la dénucléarisation de la péninsule nord-coréenne. Tandis que Pyongyang s’est engagé à abandonner tous ses programmes d’armement nucléaire et à rejoindre expressément le Traité de non-prolifération, les Etats participants ont reconnu à la Corée du Nord le droit au nucléaire civil. Les Etats-Unis ont également déclaré n’avoir aucune intention d’intervenir militairement en Corée du Nord et ont, communément avec Séoul, assuré ne détenir sur le sol sud-coréen aucun armement nucléaire *. Les parties présentes ont par ailleurs exprimé leur volonté de promouvoir la coopération économique bilatérale et multilatérale et de fournir une aide énergétique à la Corée du Nord**.
En dépit de l’avancée significative des pourparlers, les tensions se ravivent dès le mois d’avril 2006 consécutivement à l’annonce de Pyongyang de revenir à la table des négociations à la seule condition que le gouvernement américain concède à dégeler les fonds nord-coréens placés à Macao. La situation prend un tour critique six mois plus tard, lorsque le gouvernement de Kim Jong-Il déclare son intention de réactiver son programme d’armement qu’il justifie par la politique étrangère hostile des Etats-Unis. La Corée du Nord procède ainsi le 9 octobre à son premier essai nucléaire. La communauté internationale condamne vivement les manœuvres nord-coréennes et le Conseil des Nations Unies adopte une résolution prévoyant des sanctions tant économiques que commerciales à l’encontre de Pyongyang. La Chine réagit, coupant l’approvisionnement en pétrole de la péninsule pendant plusieurs mois.
Dans ce climat conflictuel, la deuxième phase du cinquième tour du Six-Party Talks, qui s’est déroulée du 18 au 22 décembre 2006, voit la réaffirmation des engagements des Etats pris lors de la Déclaration commune. Malgré les exigences accrues de Pyongyang, des efforts mutuels ont été réalisés au cours des multiples rencontres sextipartites de l’année 2007. En échange de l’accord du gouvernement de Kim Jong-Il sur la fermeture du laboratoire de recherches nucléaires de Yongbyon et l’accueil des inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) sur le territoire nord-coréen, Washington a consenti à dégeler les $25 millions bloqués à Macao et à retirer, le 11 octobre 2008, la Corée du Nord de la liste des Etats soutenant le terrorisme. Conformément aux accords sur l’assistance économique, énergétique et humanitaire, les Etats participants ont réaffirmé leur décision de fournir à la Corée du Nord près d’un million de tonne de fuel***.
La période de détente prend fin en avril 2009 avec le lancement, malgré les avertissements de la communauté internationale, d’un satellite nord-coréen. Les Etats-Unis et la Corée du Sud appellent à des sanctions immédiates, ce qui est approuvé dès le 13 avril par le Conseil des Nations Unies. En réaction à la résolution prise par les Nations Unies, Pyongyang s’est formellement retiré de la table des négociations du Six-Party Talks et a renvoyé les inspecteurs de l’AIEA. Le gouvernement de Kim Jong-Il a relancé son programme d’armement nucléaire, le signifiant officiellement à la communauté internationale le 25 mai dernier en procédant à son deuxième essai nucléaire.

L’échec des négociations sextipartites résulte essentiellement du manque de cohésion entre les parties engagées concernant tant les priorités que les objectifs poursuivis. Axé sur la lutte contre le terrorisme, le gouvernement de G.W.Bush prône une politique inflexible à l’égard de Pyongyang. Les Etats-Unis ont cherché, sans succès, à imposer le modèle libyen pour la résolution du conflit prévoyant le désarmement total contre une intégration dans l’économie mondiale (et la levée de l’embargo). Washington a ainsi peu soutenu les efforts diplomatiques de la Chine, reprochant même à Beijing son refus de pressurer Pyongyang lors de leurs rencontres bilatérales. En effet, la République populaire envisage les velléités de la Corée du Nord de posséder l’arme nucléaire comme un moyen pour le gouvernement de Kim Jong-Il d’obtenir des Etats-Unis un Traité de non-agression et de multiples concessions économiques et conçoit la situation nord-coréenne plus comme une catastrophe humanitaire et un point de déstabilisation régionale qu’une réelle menace à la sécurité internationale. Soutenus par les parties russe, nord et sud-coréenne, Beijing, qui redoute une intervention militaire américaine à sa frontière, se posent ainsi en médiateur proposant d’une part l’apport de garanties multilatérales à la Corée du Nord ainsi que son intégration dans l’économie régionale et cherchant d’autre part à tempérer les positions de Washington.
A l’instar de Tokyo, Séoul aspire essentiellement à travers les pourparlers sextipartites à pacifier et normaliser ses relations diplomatiques avec Pyongyang visant à terme la réunification des deux Corées. Toutefois, suite au lancement du satellite nord-coréen, Séoul a déclaré son intention de rejoindre l’Initiative de Sécurité contre la Prolifération (PSI), suscitant une vive réaction du gouvernement de Pyongyang. Ce dernier a de fait interprété l’alliance américano-coréenne comme une atteinte aux tentatives de rapprochement des deux Etats et traite désormais son voisin du Sud en ennemi potentiel.
La Fédération de Russie se positionne, quant à elle, en tant que force de paix, s’impliquant vivement dans le rapprochement de Séoul et Pyongyang. Moscou ne tient pas tant à contraindre la Corée du Nord à accepter le désarmement qu’à s’imposer en puissance diplomatique du Pacifique et à favoriser l’émergence d’un environnement régional stable afin de développer la coopération économique. Ainsi, en dépit des sanctions engagées à l’encontre de Pyongyang, le gouvernement russe a, au cours de ces dernières années, intensifié ses relations diplomatiques bilatérales et développé ses échanges commerciaux avec la Corée du Nord dans le cadre d’une coopération interrégionale.

En définitive, malgré les accords de principe conclus à la table du Six-Party Talks, la résolution du conflit reste en suspens faute d’initiative de part et d’autre. Le gouvernement de Kim Jong-Il se refuse en effet à procéder au désarmement sans une compensation économique immédiate, ce à quoi les Etats participants s’opposent sans une preuve de bonne volonté de la part de Pyongyang.****

Notes :
*Les Etats-Unis détiennent actuellement sept bases militaires en Corée du Sud
**« Joint statement of the forth round of the Six-Party Talks”, Ministry of Foreign Affairs of the People’s Republic of China, 19.09.2005
***« Weapons of Mass Destruction. Six-Party Talks”, in GlobalSecurity.org
****Voir sur le sujet : John S.Park « Inside Multilateralism : The Six-Party Talks », The Washington Quarterly, 2005

Rédigé par pirondeauchloe@hotmail.fr, le Jeudi 4 Juin 2009 | Lu 3403 fois.
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